Projection-débat « Un racisme à peine voilé »

L’atelier s’est appuyé sur la projection (partielle) d’un documentaire réalisé en 2004, Un racisme à peine voilé, qui retrace les différentes « affaires du voile » jusqu’à son interdiction à l’école. La discussion a pris la forme d’un débat, encadré par les interventions de deux militantes:

  • Nargesse Bibimoune : militante, porte le voile depuis l’âge de 11 ans. L’islamophobie qu’elle subit la conduit à devenir militante anti-raciste féministe.
  • Jamilla Farah : militante au CRI (Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie).

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Introduction de Jamilla Farah

En France, il existe une polémique autour du terme islamophobie, polémique qui n’existe pas dans les études anglo-saxonnes. Ainsi, s’opposent ceux qui conscientisent ce mal social, et ceux, parmi les politiques et les intellectuels, qui refusent ce vocable, en arguant notamment d’une utilisation fallacieuse dans le sens d’un refus de la critique de la religion musulmane. C’est pourquoi définir l’islamophobie est important car il faut maîtriser le terme pour mieux maîtriser le problème. L’islamophobie touche majoritairement les femmes, qui représentent plus de 70% des cas d’agressions islamophobes.

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Atelier-lecture: Travail, politique sociale: quel apport de la critique féministe?

L’événement a pris place dans le cadre des cafés-citoyens du collectif Réflexe, et s’est déroulé dans la salle F01, occupée par des étudiant-e-s. Le débat a pris la forme d’un atelier-lecture en collaboration: chaque personne recevait une partie d’un ouvrage, le résumait pour les autres et proposait des prolongements ou des objections. L’ouvrage qui a servi de support, Le féminisme pour changer la société, est un petit ouvrage collectif publié par Attac et la fondation Copernic en 2013.

Problématiques générales

On aborde traditionnellement la question du travail et des inégalités sociales à partir de la critique marxiste, articulée autour des notions de salariat et de capitalisme. La théorie féministe matérialiste, à partir des années 70, enrichit (et dans une certaine mesure, conteste) cette théorisation marxiste en analysant un autre système d’exploitation et d’oppression: le patriarcat. La critique féministe, à cet égard, permet de repenser radicalement la notion de travail et la politique sociale de l’Etat, en soulevant de nouvelles questions:

Qu’est-ce que le travail? Des tâches effectuées gratuitement sont-elles un travail? Existe-t-il un travail reproductif ou un travail sexuel? Quel lien y a-t-il entre la valorisation (et la rétribution) de certaines tâches et le genre des personnes qui les effectuent? Qu’est-ce que la « vie privée »? Comment calculer le temps de travail? Pourquoi une politique sociale censée lutter contre les inégalités s’appuie-t-elle sur l’unité de la famille plutôt que sur celle de l’individu? Comment questionner les rapports de pouvoir au sein de la famille? Faut-il créer des crèches pour libérer les femmes? Que compense ou non une « pension alimentaire »? etc.

Nous partirons du postulat que l’intérêt du féminisme ne se limite pas à la revendication d’une égalité entre hommes et femmes, mais que sa force critique est beaucoup plus large et subversive à l’égard de l’organisation économique et sociale.

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