Atelier de réflexion sur l’enseignement d’œuvres représentant des violences sexuelles

Nous voudrions initier cette année une réflexion collective et suivie sur la question de l’enseignement, en classe, d’œuvres qui représentent des violences sexistes ou sexuelles (en particulier, la représentation de viols, mais aussi d’agressions sexuelles, de harcèlement, de violences conjugales, … qu’elles concernent des femmes, des hommes, ou des enfants). En échangeant entre étudiant⋅e⋅s et enseignant⋅e⋅s, nous avons en effet constaté que beaucoup ressentent un certain malaise et des difficultés pour aborder ce type de textes, mais que cette question avait rarement l’occasion d’être discutée collectivement, d’un point de vue éthique, pédagogique et littéraire.

Nous souhaiterions donc créer un cadre pour faciliter cette réflexion, à partir d’échanges entre enseignant⋅e⋅s et étudiant⋅e⋅s (souvent futur⋅e⋅s enseignant⋅e⋅s) : par exemple, comment enseigner des récits mythologiques imprégnés par la culture du viol à une classe de 6è ? Comment éviter l’euphémisme face aux Liaisons dangereuses ? Comment aborder ces textes face à des élèves peut-être eux-mêmes victimes de violences ? Comment prendre en compte la distance culturelle ou historique inhérente à certaines oeuvres ?

Cette réflexion prendra deux formes :

– un atelier de discussion à l’ENS qui se tiendra le vendredi 4 novembre 2016, à partir de 17h, en salle F05.

Nous proposons à chacun⋅e d’apporter un ou plusieurs textes qui lui semblent particulièrement intéressants pour mener cette réflexion, ou bien avec lesquels il ou elle a rencontré des difficultés. Notre réflexion portera sur des textes canoniques ou moins canoniques, susceptibles d’être enseignés dans le secondaire ou dans l’enseignement supérieur. Elle intégrera toutes les littératures (littérature française et francophone, littératures antiques, littératures de langue étrangère) et toutes les formes de productions culturelles faisant l’objet d’un enseignement (peinture, cinéma, etc.). Il peut s’agir d’oeuvres qui mettent en évidence la violence des faits décrits, ou qui, au contraire, la traitent sur un mode plus problématique (érotisation, humour, euphémisation, …). Vous pouvez bien sûr également participer à l’atelier sans apporter de texte.

Si vous ne pouvez pas être présent⋅e, nous vous proposons d’envoyer un texte qui pourrait enrichir la réflexion, accompagné d’un commentaire, que nous intégrerons au compte-rendu de cet atelier.

– un groupe de travail plus restreint chargé de rédiger une brochure de quelques pages, proposant des conseils pratiques pour les enseignant⋅e⋅s.