Campagne d’information « santé sexuelle » des Salopettes

Les Salopettes lancent une campagne d’information et de prévention autour des thématiques liées à la santé sexuelle (contraception, protection et dépistage, hygiène et douleurs, IVG). Nous espérons que ces informations profiteront à tou⋅te⋅s. 

Pour voir la campagne en haute résolution, avec des liens cliquables, c’est ici.

N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez adapter cette campagne pour une autre ville, une autre école ou un autre cadre qui impliquerait des modifications, pour obtenir le fichier source.

La liste participative de soignant⋅e⋅s élaborée collaborativement par les Salopettes n’engage ni l’ENS de Lyon, ni les soignant⋅e⋅s de son service de médecine préventive.

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Compte-rendu de l’atelier « Œuvres et violences sexuelles »

L’atelier « Œuvres et violences sexuelles. Enjeux éthiques, pédagogiques et littéraires d’enseignement » a réuni le 4 novembre 2016 à l’ENS de Lyon une trentaine de participant⋅e⋅s, dont plusieurs enseignant⋅e⋅s et doctorant⋅e⋅s. En début d’atelier, des pistes de réflexion ont été lancées, puis la discussion s’est déroulée de façon très libre. Certain⋅e⋅s participant⋅e⋅s avaient préparé des exemples précis qui ont été convoqués au cours de la conversation. Ce compte-rendu modifie en partie l’ordre des interventions pour regrouper thématiquement les discussions. Les textes évoqués sont disponibles ici.

Genèse du projet

M.R., enseignante, rappelle le contexte dans lequel le projet a émergé : l’année d’agrégation de lettres modernes 2015-2016 avait suscité des discussions autour d’œuvres au programme qui évoquaient des viols, donnant lieu à la rédaction d’une série de trois billets, dont ceux de M.T. et d’A.G.E., sur la question de l’anachronisme dans l’abord de textes anciens en littérature et en histoire, à la fois d’un point de vue de recherche et d’enseignement.

A.G.E., étudiante, a continué à réfléchir à cette question à partir de Ronsard [1], puis a essayé de réunir de témoignages d’ancien⋅ne⋅s élèves sur leurs expériences de classe [2], et de rassembler des ressources bibliographiques sur la question, avec un certain nombre de réflexions d’universitaires en lettres classiques aux États-Unis, dans un contexte américain où la question des violences sexuelles est très discutée depuis peu sur les campus. L’atelier résulte d’une volonté de replacer la question en contexte français.

M.T., doctorant, relève la convergence des réflexions qui ont abouti à la rédaction des billets, avec des perspectives pourtant variées : perspective institutionnelle du concours pour une pièce de Beaumarchais, qui prenait en compte la contrainte de l’agrégation [3] ; la recherche historique dans le cas des viols conjugaux au XIXe siècle [4] ; la spécificité de l’enseignement de la littérature du XVIIIe siècle pour M.T., avec son rapport à l’amour, la séduction, et la question des violences sexuelles qui n’est pas très très claire chez les dixhuitiémistes [5].

Prise de conscience et émergence d’un problème

M.R. note qu’il y a toujours cette crainte de produire une analyse « anachronique », trop « subjective », en particulier avec la contrainte des concours. M.R. insiste sur le fait que sa génération a été formée à une sorte de regard très pacificateur qui permet de faire tout passer sans attirer d’indignation. Il est alors possible d’enseigner la mythologie avec une sorte d’évidence, évidence de la culture du viol comme comportement des dieux et des déesses dans l’Antiquité, sans que cela semble problématique de raconter cela à des adolescent⋅e⋅s très jeunes : les histoires de Jupiter qui « séduit » par le rapt, l’effraction violente ou douce (Danaé).

M.R. a commencé à se poser cette question, en prenant conscience que ce n’est pas si évident que cela, et a retrouvé cette question avec les Amours de Ronsard en agrégation en tant qu’enseignante, puisque Ronsard a un rapport privilégié à la mythologie, qui constitue un réservoir d’imaginaire et de fantasmes masculins dans lequel se projette le poète. Elle s’étonne elle-même d’avoir enseigné ces textes de nombreuses années sans forcément les considérer comme problématiques. Pour autant, que fait-on de cela, dans l’enseignement ?

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