Ressources sur les violences sexuelles

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Si vous êtes victime de violences (violences sexuelles, harcèlement, violence conjugale – physique ou psychologique, …), ou cherchez des informations juridiques ou pratiques sur les violences sexuelles, vous pouvez vous rendre sur la plate-forme gouvernementale “stop-violences-femmes”.

Définitions

Harcèlement sexuel : le fait d’imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou comportements à connotation sexuelle qui portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, ou créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante. Est assimilé au harcèlement sexuel le fait d’user (même de façon non répétée) de toute forme de pression grave dans le but réel ou apparent d’obtenir un acte de nature sexuelle, que celui-ci soit recherché au profit de l’auteur.e des faits ou au profit d’un autre.

Exhibition sexuelle : le fait d’imposer une exhibition sexuelle (une partie sexualisée du corps dénudée, ou un acte sexuel comme la masturbation) à la vue d’une personne non consentante dans un lieu accessible aux regards du public.

Agression sexuelle : toute atteinte sexuelle (attouchements, caresses, baiser, pénétration…) commise avec violence, contrainte, menace ou surprise.

En France, l’interprétation juridique de cette définition exige qu’il y ait un contact pour qualifier des actes de nature sexuelle non consentis d’agression sexuelle. Ce n’est pas le cas dans tous les pays, et l’on peut adopter une définition plus large que la simple définition légale (exposition forcée à des actes sexuels de façon réelle ou virtuelle par exemple, exhibitions diverses…) pour évoquer ces formes de violences.

Viol : selon la définition légale, le viol désigne tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui, par violence, contrainte, menace ou surprise. (Il peut s’agit d’une pénétration orale, vaginale ou anale, et cela comprend la pénétration digitale ou par un objet).

Il s’agit de la définition légale en France (les définitions varient selon chaque pays). Les féministes s’accordent cependant pour définir plus simplement le viol comme tout acte de pénétration non consenti (elles peuvent en revanche avoir des conceptions différentes de la notion de consentement). Elles définissent, de la même façon, les agressions sexuelles à partir de l’absence de consentement.

Qui contacter? à qui parler?

D’une façon générale, si vous êtes victime de violences sexuelles, nous vous encourageons à ne pas vous taire. Vous pouvez par exemple en parler à vos proches, ou à vos ami.e.s: les violences sexuelles sont fréquentes, il est probable que beaucoup de personnes autour de vous en aient été victimes, même si toutes les situations sont différentes, et n’entraînent pas les mêmes réactions. Verbaliser ce que vous avez subi et ce que vous ressentez avec des personnes bienveillantes ou qui ont vécu des faits similaires (groupes de parole, associations…) peut vous aider.

Toutefois, certain.e.s de vos proches tenteront peut-être de minimiser la gravité des faits, surtout lorsque votre situation ne correspond pas à l’image qu’ils ou elles se font des violences sexuelles (en particulier lorsque les violences sont survenues au sein d’une relation amoureuse). Il est très dur de se heurter à ces formes de déni, mais gardez à l’esprit que votre parole est légitime, que vous n’avez pas à vous sentir coupable de ce qui vous est arrivé, et que les conseils du type “mais tu aurais dû…” ne sont d’aucune utilité et ne changent rien à la réalité des violences sexuelles. Si l’auteur.e des violences est une personne connue de votre entourage, il peut être difficile d’évoquer ces violences, mais vous n’êtes pas responsable des conséquences de ses propres actes sur le plan familial ou social.

Vous pouvez aussi, soit directement, soit par l’intermédiaire d’une association, parler de ces violences avec un.e psychologue ou un.e soignant.e, surtout lorsqu’elles affectent votre santé (anxiété, crises d’angoisses, symptômes post-traumatiques, dépression, insomnies, troubles du comportement alimentaire, etc.). Là encore, il existe malheureusement des soignant.e.s susceptibles de nier ou de relativiser ce que vous avez vécu; contacter un.e soignant.e formé.e à l’accompagnement des victimes de violences sexuelles permet de minimiser ce risque.

– Les Salopettes: si vous souhaitez parler d’une situation de violence (harcèlement, agressions, violences physiques ou psychologiques, …), au sein ou à l’extérieur de l’ENS, les Salopettes sont là pour vous écouter. Nous nous engageons à respecter votre anonymat, et bien entendu, à écouter avec bienveillance votre parole. En ce qui concerne des faits de harcèlement commis au sein de l’ENS, vous pouvez également nous signaler des comportements “déplacés” qui vous semblent de moindre gravité, utiles si d’autres signalements sont ou ont été faits. Nous pouvons bien sûr vous aider, dans la mesure de nos compétences, si vous voulez entamer des démarches auprès de l’ENS ou de la justice.

– Les référentes ENS : il s’agit du relais institutionnel de l’ENS sur la question de l’égalité H/F. La mission de cette plate-forme est plus large, mais les deux personnes référentes, Christine Detrez et Vivien Verges, sont les interlocuteurices privilégié⋅es en cas de harcèlement sexiste / sexuel ou d’agressions sexuelles au sein de l’ENS.

– Numéro vert: 3919 (appel anonyme et gratuit).

– Porter plainte: toutes les violences sexuelles mentionnées sont punies par loi. Vous pouvez donc porter plainte, que vous puissiez ou non nommer l’auteur.e des faits. L’accueil dans les commissariats de police demeure variable, mais il s’améliore depuis plusieurs années grâce à une meilleure formation sur les violences sexuelles. Il est également possible de porter plainte sans se rendre dans un commissariat en adressant directement la plainte au procureur de la République. Cette démarche peut à la fois vous aider et protéger d’autres personnes, mais vous avez aussi le droit de ne pas porter plainte, les démarches juridiques étant longues et souvent difficiles. Ne pas porter plainte ne remet pas en cause votre parole ni la réalité de ce que vous avez subi.

– En cas de doute ou de faits qui vous semblent insuffisants pour porter plainte, vous pouvez également faire une déclaration en main courante: les faits seront simplement consignés officiellement, et pourront constituer une preuve pour des poursuites ultérieures. Cela peut être une solution temporaire dans les situations de harcèlement où les faits ne semblent pas suffisamment “caractérisés” d’un point de vue légal (ce qui ne les rend pas moins graves) pour envisager immédiatement un dépôt de plainte.

Quelques mises au point sur les violences sexuelles

Les violences sexuelles ne sont pas un phénomène marginal – elles touchent une part importante de la population : par exemple, en France, en 2006, 16% des femmes et 5% des hommes déclaraient avoir subi un viol ou une tentative de viol au cours de leur vie. Environ 98% des agresseurs sont des hommes. Dans 83% des cas de viol ou de tentative de viol, la victime connaît son agresseur; dans la très grande majorité des cas, le viol ou la tentative de viol se déroule au domicile de la victime ou de l’agresseur.

Les violences sexuelles commises par un.e inconnu.e, ou dans l’espace public, ne sont pas négligeables, mais il est important de savoir qu’il ne s’agit pas du cas le plus fréquent: en effet, il peut être d’autant plus difficile de définir une violence comme une agression sexuelle ou comme du harcèlement lorsque celle-ci est commise une personne proche (un.e conjoint.e, petit.e ami.e, simple ami.e, ex-petit.e ami.e…).

De la même façon, le fait de n’avoir pas explicitement exprimé un refus, ou de ne pas s’être défendu.e contre un geste non-consenti ne change rien à la qualification de ces actes, mais cette réaction – ou absence de réaction – peut en revanche être source d’une forte culpabilité de la part d’une victime.

Les conséquences des violences sexuelles ne sont pas les mêmes pour toutes les personnes: il n’est pas nécessaire de hiérarchiser les formes de violences entre elles a priori. Vous pouvez très bien ne pas être traumatisé.e par une agression sexuelle, ou avoir subi une agression considérée comme “anodine”, et exprimer en même temps votre colère, qui est légitime.

Quelques chiffres sur les violences de genre: ici.

Quelques mises au point sur le consentement

Vous pouvez commencer par regarder la vidéo “Tea consent”, qui explique ce qu’est le consentement en 3 minutes, à base de tasse de thé. Ici

Le consentement sexuel est l’accord qu’une personne donne à son partenaire au moment de participer à une activité sexuelle. Il doit être donné de façon volontaire: ce doit être un choix libre et éclairé; dans le cas contraire (pression, insistance, menaces, chantage affectif…), le consentement n’est pas valide. Les féministes résument en général cela par l’expression “céder n’est pas consentir”.

Le consentement doit être clair. Il n’est pas nécessaire qu’il soit donné verbalement ou par écrit, mais, à l’inverse, il n’est pas nécessaire qu’une personne résiste physiquement à une activité sexuelle pour conclure qu’elle n’y a pas consenti, et il n’est pas nécessaire de formuler verbalement le refus pour que celui-ci soit réel. En cas de doute sur le consentement de votre partenaire, si aucun consentement ou refus n’a été formulé, posez simplement la question! Le silence n’équivaut pas à consentement.

Le consentement doit être donné au moment de l’activité sexuelle. Un consentement donné pour un autre geste sexuel (baiser, caresses, …), ou pour une autre relation sexuelle, ne dit rien sur le consentement présent. La personne doit être en mesure d’exprimer son consentement à chacune des étapes de l’activité sexuelle. Donc, avant d’entreprendre une activité sexuelle de nature différente, le/la partenaire doit d’abord s’assurer que l’autre personne est d’accord pour aller plus loin.

Le consentement donné par une personne n’est plus valide dès l’instant où elle n’a plus la capacité de consentir: il n’y a plus de consentement si la personne est fortement alcoolisée, perd connaissance, dort, ou se trouve sous l’effet d’une drogue forte.

Il est possible qu’une personne donne son consentement à une activité sexuelle puis change d’avis une fois que celle-ci est commencée. Si une personne décide qu’elle ne veut plus poursuivre l’activité de nature sexuelle, elle peut à n’importe quel moment retirer son consentement. Dès qu’une personne exprime son refus par des paroles ou des gestes, le/la partenaire doit cesser immédiatement l’activité sexuelle en question. Si le/la partenaire continue malgré le refus ainsi exprimé, il/elle commet une agression sexuelle.

Ces informations sont reprises au site québécois educaloi.

Comment lutter contre les violences sexuelles?

Commencez par vous assurer du consentement de votre partenaire dans vos propres relations amoureuses ou sexuelles. Ne partez jamais du principe que si vous insistez suffisamment (pour obtenir une relation sexuelle, ou pour telle ou telle pratique sexuelle), un refus pourra se transformer en consentement: céder n’est pas consentir.

Si vous êtes témoin d’une situation de harcèlement ou d’agression, réagissez. Si vous êtes avec d’autres gens, prenez l’initiative d’interpeller vos voisin.e.s pour leur signaler la situation, ou bien agissez directement. Quelques conseils ici.

Si un.e ami.e évoque des violences sexuelles qu’il/elle a subies, ne remettez pas en cause sa parole, et ne formulez aucune jugement sur ce qu’il/elle aurait dû faire pour s’en prémunir. Vous pouvez lui proposer de l’accompagner s’il/elle souhaite porter plainte, mais n’exigez pas qu’il/elle le fasse. Soyez prévenant.e dans vos paroles, mais ne traitez pas votre ami.e avec condescendance ou comme une personne faible et dépendante à cause de ce qu’il/elle a subi: chacun.e réagit différemment aux violences sexuelles, et il n’est pas nécessaire d’enfermer votre ami.e dans un statut de victime traumatisée.

Ne faites pas de plaisanteries sur le viol ou sur les violences sexuelles: n’oubliez pas que les victimes sont très nombreuses, et que ce genre de comportement les maintient dans le silence ou dans la culpabilité. Renseignez-vous sur la culture du viol pour ne pas imposer une définition des violences sexuelles qui minore l’importance du consentement dans toute relation sexuelle.

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